Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Mireille Blanc and Laetitia de Chocqueuse

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Laetitia de Chocqueuse

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Mireille Blanc

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Vincent Kriste

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Laetitia de Chocqueuse and Mireille Blanc

© Laetitia de Chocqueuse, Newspaper L’Emanticipation, 2019. Photo credit: Julien Gremaud

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Mireille Blanc

Vincent Kriste, Doormat, 2018, acrylic on cotton, 62 x 80 x 12 cm

Vincent Kriste, Doormat, 2018, acrylic on cotton, 62 x 80 x 12 cm

Mireille Blanc, Rideau, 2014, oil on canvas, 38 x 50 cm

Laetitia de Chocqueuse, Chaque tout d'une pièce (pompe), 2015, ceramic, wax and pump, H50 cm

Infra-ordinaire, installation view at Artvera's. Credit photo: Julien Gremaud. Courtesy: Louise Boulter

Dossier de Presse / Communiqué de Presse

Depuis plusieurs décennies, les phénomènes de mondialisation poussent l’anthropologue à poser son regard, non plus sur des contrées lointaines mais sur son environnement direct. L’ordinaire devient alors un objet de recherche en soi.

 

George Pérec est en effet l’un des premiers à avoir souligné l’intérêt qu’il pouvait y avoir à analyser « ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel », plutôt que de se limiter à l’analyse de l’extra-ordinaire. Ainsi Pérec, Barthes et Certeau font partie des premiers penseurs à explorer non plus l’exotique mais l’endotique. La vie quotidienne se perçoit alors comme « une pierre angulaire de notre réalité » au cœur de l’expérience concrètement vécue.

 

L’exposition offre une réflexion sur la notion d’infra-ordinaire en présentant le travail de quatre artistes : Mireille Blanc, Louise Boulter, Laetitia de Chocqueuse et Vincent Kriste. Les œuvres présentées proposent un voyage dans cet univers familier et étrange à la fois. L’environnement domestique est approché de manière frontale et directe, questionnant nos habitudes et notre goût de la possession. Les objets de notre réel sont regardés tels que les « choses rares, nouvelles et singulières » 3 d’un cabinet de curiosité. Chacun à leur manière, les artistes présentent une microsociologie visuelle traduisant un certain réenchantement de la vie quotidienne.

 

Dans la veine des Furniture Sculpture de John Armelder, Vincent Kriste construit des images qui oscillent entre peintures et objets. L’utilisation de l’acrylique lui permet d’exalter sa perception de la matière et de la texture. Telles des sculptures en deux dimensions, les œuvres de Vincent Kriste réfléchissent tant à l’apparence du monde matériel qu’à la réalité de l’objet banal.

 

Le regard de Mireille Blanc se porte sur un univers familier : bibelots, pulls, rideaux, et autres détails quotidiens dont l’obsolescence récente témoigne du passage du temps au fil des modes. Jouant sur l’ambiguïté des formes, ses peintures intrigantes présentent des images à la limite de l’abstraction. Mireille Blanc peint des morceaux de réel issus de photographies souvenirs, et pose la question de la valeur de ces objets : une histoire personnelle ou universelle ?

 

Les compositions de Louise Boulter présentent des histoires d’intérieurs domestiques. L’habitat et les éléments caractéristiques du confort ambiant sont peints par alternance d’aplats de couleurs, presque abstraits, et de figures d’objets, intégrant le support même de l’œuvre comme composante intrinsèque. Anonymes, ces scènes d’intérieur suggèrent le récit d’un monde isolé et en suspens.

 

Laetitia de Chocqueuse place les objets dans un rapport au temps, en les faisant basculer de leur contexte originel vers des fictions nouvelles. Ses sculptures-objets questionnent les substances et la forme à travers une portée symbolique. Le journal ouvre la voie : pour Laetitia de Chocqueuse ces fragments de la vie quotidienne et l’histoire qu’ils détiennent permettraient presque un meilleur accès à la compréhension du monde.

Mireille Blanc (b. 1985, France ; vit et travaille à Paris)

Le travail de Mireille Blanc a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment dans des galeries et institutions telles que The Pill (Istanbul), la Maison des Arts (Grand Quevilly) et le FRAC Auvergne. Elle a également été lauréate du Prix international de peinture à Vitry, 2016.

 

Louise Boulter (b. 1990, Royaume-Uni ; vit et travaille à Londres)

Originaire du Hampshire, Louise Boulter est une artiste peintre basée dans le sud de Londres. Récemment diplômée de l'université des arts de Kingston, elle a été exposée au Warbling Collective à Londres.

 

Laetitia de Chocqueuse (b. 1983, France ; vit et travaille entre Paris et Zurich)

Récemment exposée au Centre d’art contemporain Les Tanneries à Amilly, Laetitia de Chocqueuse a été sélectionnée pour le 59e salon de Montrouge et la Bourse Révélations Emerige en 2017.

 

Vincent Kriste (b. 1979, Suisse ; vit et travaille à Zurich)

Nominé aux Swiss Arts Awards en 2018, Vincent Kriste a exposé, entre autres, à la Villa Renata et au Helvetia Art Foyer de Bâle.

 

Commissariat : Laurène Maréchal

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