Dossier de Presse / Communiqué de Presse

Si, à première vue, rien ne semble lier ces deux artistes, leur goût de la mise en scène, leur curiosité pour la figure humaine et l’érotisme les rapproche de façon inattendue.

 

Cédric Lollia (*1975) est né en Guadeloupe et déménage peu de temps après en France. Son parcours commence dans l’espace urbain. Adolescent, il tague les métros parisiens sous le pseudonyme d’Apolo. Avec ses parents, il part vivre en Guyane, où il peint des totems, inspirés des cultures amérindiennes. Lors d’un voyage aux États-Unis, il rencontre le photographe Stephen Torton qui fût l’un des plus proches collaborateurs de Jean-Michel Basquiat. A partir de 1999 Lollia s'installe définitivement à Paris où il fait migrer ses compositions sur la toile, signant sous « @ Clothart » ou « @ Lollia », il trouve son inspiration tantôt dans la peinture classique et l’art primitif, tantôt auprès de ses idoles américaines Keith Haring et Jean-Michel Basquiat. Ses toiles représentent des épisodes de sa vie, des scènes théâtrales voire des pastiches de l’œuvre de Géricault, « Le Radeau de la Méduse » (1818-1819) ou encore de « La Cène » (1495-1498) de Léonard de Vinci. Les figures de sa Comédie Humaine sont fantomatiques et schématiques quelque fois sur un fond de grisaille et d’autres fois sur des tons criards. Lollia commente : « Tous mes personnages sont basés sur le même principe de dessin enfantin, évoluent et ont des formes squelettiques. Le corps masculin comporte trois traits, ce sont ses côtes. Le corps de la femme, l'image de la fertilité, ne change pas : elle a des seins et un clitoris. »

Lollia lors de son séjour en République tchèque, réalise une série de dessins érotiques conçus dans les maisons closes. Le trait devient sensuel sur le ton chaud du papier Kraft.   « Ce qui m’intéresse » [dira Cédric Lollia c’est la] « mythologie, religion, tradition, tout ce qui influence et inspire l'artiste. Laska, sexe, vie. »

 

Les œuvres de Cédric Lollia font désormais partie de nombreuses collections privées en Europe et aux Etats-Unis et publiques entre autres à Paris et en République Tchèque.

 

L’approche de YOU Hyeonkyeong (*1985) est toute autre. Diplômée en 2011 de l’Université des beaux-arts de Séoul, YOU expose ses œuvres de façon active dès 2009.

Dans presque chacune d’elles, une personne apparaît. L’identité exacte du modèle est incertaine, seul le titre apporte un élément de réponse. YOU tente de capturer l’attitude, le comportement du sujet humain vis-à-vis de ce qui l’entoure. Pour elle la peinture possède un fort potentiel narratif. Elle dépeint principalement des impressions, des expressions momentanées et des manifestations de l’émotion intime. Dans sa série « Amateur Male Model » une femme peintre esquisse le portrait d’un modèle masculin, inversant ainsi le rapport traditionnel entre le peintre et le modèle. Elle procède en donnant rendez-vous à des inconnus à dans un lieu défini et étranger à leur univers. YOU s’intéresse au côté imprévisible du modèle amateur et à son comportement.

Dans une autre série « You in such a space » représentant des couples ayant des relations sexuelles, les compositions paraissent plus voyeuristes, déformées, comme si on les observait à travers le judas d’une porte. La touche se fait ici plus diffuse et des tons délicats voilent la scène. « Je fais face à un léger conflit entre la vivacité du spectateur et le flou du peintre » explique You Hyeonkyeong.  

YOU a participé à de nombreuses résidences d’artistes à New York, Zürich et Plüschow diffusant ainsi son travail dans la sphère internationale.